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Tout le monde semble publier des photos de ses enfants. Une bonne idée ?

Tout le monde semble publier des photos de ses enfants. Une bonne idée ?

Pour que la famille puisse voir les enfants grandir, pour partager des choses avec des amis habitant loin, par fierté et par amour pour vos enfants, vous êtes facilement tentés de partager sur les réseaux sociaux des photos de ces derniers. Mais cet acte apparemment anodin est en vérité lourd de conséquences pour eux.

 

Selon une étude menée par Nominet en Grande-Bretagne, un parent publie en moyenne 195 photos par an de son enfant : à l’âge de 5 ans, des images d’eux ont déjà été partagées près de 1000 fois. Le « sharenting » (contraction angliciste des mots « share », partager, et « parenting », être parent) a considérablement gagné en ampleur ces dernières années, et plus personne ne s’étonne de voir des parents heureux partager des photos de leurs enfants sur les réseaux sociaux.

Mais ce geste courant, qui semble être en passe de rentrer dans les mœurs, peut poser de nombreux problèmes, à la fois pour le futur de l’enfant et pour sa relation à ses parents.

 

En effet, la question de la vie privée que l’on laisse à son enfant se pose : partager une photo de lui, c’est partager une part de sa vie à lui, de son identité, c’est exercer une forme de pouvoir arbitraire sur son image. Ainsi, presque un tiers des parents admet avoir posté une photo de leur enfant que ce dernier leur avait demandé de ne pas mettre en ligne. En négligeant le droit de l’enfant à refuser qu’on diffuse son image, on s’expose aussi à des risques de conflits familiaux.

 

Par ailleurs, une fois postée sur la Toile, le devenir des photos sont incertains. Une erreur dans les paramètres de confidentialité, et n’importe qui peut récupérer et diffuser la photo de votre enfant. 46% ont vérifié leurs paramètres de confidentialité une ou deux fois (ce qui est un début), 17% ne les ont jamais regardé et 6% les ont réglé de façon à ce que tout le monde puisse voir leurs publications. De plus, les photos postées sont souvent prises depuis des smartphones, et contiennent donc dans leurs métadonnées la date, l’heure et la localisation de la prise de vue : en récupérant certaines de ses photos, n’importe qui peut avoir un historique assez détaillé sur sa vie.

 

Et sur Internet, il est difficile de s’assurer de la disparition de quoi que ce soit : une photo, même supprimée, peut rester stocker dans un serveur et refaire surface un jour. L’image de l’enfant se construit donc en partie à son insu, et peut être utilisée plus tard contre lui : si une photo de lui bébé et sur son pot est diffusé sur Facebook, il peut devenir victime de moqueries de ses camarades voire devenir la cible d’un cyber-harcèlement.

 

Nos conseils clés

     -   Donnez l’exemple, s’il est assez grand demandez son avis à votre enfant avant de poster une photo de lui

     -  Avant de publier, réfléchissez  à l’impact que l’image pourrait avoir si elle était diffusée. Pourrait-elle lui porter préjudice tout de suite ? Sera-t-il content que ses copains tombent dessus dans 10, 15, 20 ans ?

     -  Désactivez la géolocalisation sur votre smartphone lors de la prise de vue et de la publication. Si vous n’y pensez jamais, utilisez plutôt un appareil photo.

     -  Réglez TRES précautionneusement vos paramètres de confidentialité sur les réseaux sociaux et applications de partage avant chaque publication, et assurez-vous de n’avoir en ami que des gens à qui vous faites vraiment confiance.

     -  Une meilleure solution pour partager les merveilleuses photos de vos cherubins ? La clé USB tout simplement. Ou encore le mail.

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Modifié le 19/06/2015