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ETUDE Internet, usages des enfants et perception des parents, Université de Malte, février 2015

ETUDE Internet, usages des enfants et perception des parents, Université de Malte, février 2015

Que font réellement les enfants sur Internet et combien de temps y passent-ils ? Que savent-ils des risques de la navigation en ligne ? Les parents connaissent-ils vraiment les usages que leurs enfants font d’Internet ?
C’est ce que ce se sont demandés trois chercheurs de l’université de Malte à travers une étude menée de novembre à décembre 2014 auprès d’un échantillon de 3137 personnes composé d’enfants maltais de 8 à 15 ans et de leurs parents.

Cette étude, dont le rapport final (en anglais) a été publié en février 2015, s’intéresse donc non seulement aux usages des jeunes sur Internet, mais aussi et surtout à la perception qu’ont leurs parents de ces usages et à l’adéquation entre ces perceptions et la réalité.

2000 questionnaires ont été distribués à des enfants de 8 à 15 ans étudiant dans 23 écoles primaires et secondaires de Malte, et 2000 questionnaires ont été distribués à leurs parents, avec un taux de réponse de 78%. Il y a une légère majorité de filles chez les jeunes répondants (53,9%), et du côté des parents également, ce sont très largement les mères qui ont répondu au questionnaire (85,2%).

 

DES JEUNES MALTAIS TRES CONNECTÉS

 

  • 97,5% des jeunes ont Internet à la maison. Le taux d’accès à l’extérieur de la maison augmente avec l’âge.
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  • 59,1% des jeunes utilisent Internet quotidiennement, la plupart (43,5%) entre 30 minutes et 2 heures en semaine et davantage le week-end, mais 9,4% déclarent être toujours connectés et 4,2% estiment utiliser Internet plus de 5heures par jour en semaine. Ce sont surtout des garçons qui sont dans ces deux derniers cas de figure.
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  • 38,6% des jeunes utilisent une fausse date de naissance sur Internet (voire pour certains, un faux nom), sans doute parce que 56,5% de ces enfants de 8 à 15 ans déclarent utiliser Facebook et que le réseau social impose un âge minimum de 13 ans pour se créer un profil. Les filles utilisent plus souvent leurs vrais noms et leurs vraies dates de naissance.
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  • 79,8% des enfants ayant répondu au questionnaire sont tout à fait d’accord avec l’affirmation selon laquelle il est important de bien régler ses paramètres de confidentialité sur les réseaux sociaux.
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  • 80,3% des 8-15 ans jouent en ligne.

UNE VISION DES RISQUES  AMBIGUE

 

  • Etre hacké est la plus grande crainte des jeunes : 34,4% estiment que c’est la chose la plus dangereuse qui pourrait leur arriver sur Internet. Près de 20% des enfants mentionnent les virus comme le plus grand danger d’Internet (44,6% des jeunes déclarent avoir effectivement fait l’expérience des virus informatiques), 15% mentionnent les vidéos à caractère choquant ou désagréable.
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  • 45,4% des enfants ont déjà été confronté à des pop-ups (des fenêtres qui s’ouvrent sans qu’on l’ait demandé lors de la navigation et qui sont généralement des publicités, aussi bien pour des vêtements pour enfants que pour des sites pornographiques). 61,2% d’entre eux disent ne pas avoir été perturbé par ces pop-ups, très peu en ont parlé à leur entourage.
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Les jeunes maltais de 8 à 15 ans considèrent leurs parents (77,9%) et leur école (66,9%) comme les sources d’information les plus sûres.

Plus de la moitié des enfants ont déclaré être capables de bloquer des messages sur les réseaux sociaux, 46% savent changer leurs paramètres de confidentialité et 53,3% ont des mots de passe différents selon les sites qu’ils fréquentent et les supports qu’ils utilisent.

 

DES PERCEPTIONS PARENTALES SOUVENT DIFFERENTES DE CELLES DES JEUNES

 

Environ 22,5% des parents estiment que leurs enfants ont accès à Internet dans leur propre chambre, alors que presque la moitié des jeunes déclarent y avoir accès depuis leurs chambres.

Seuls 42% des parents pensent que leur enfant utilise son téléphone portable pour avoir accès à Internet alors qu’ils sont en vérité 58,9%.

  • 87,8% des parents pensent que leur enfant utilise Internet dans un but scolaire, alors qu’ils sont en fait 69,9% à le faire.
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  • Les parents estiment assez justement la fréquence à laquelle leurs enfants utilisent Internet.
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  • Plus de la moitié des parents estiment, à des degrés variés, que leurs enfants sont capables de gérer seuls ce qui les dérange sur Internet, et 22,6% des parents n’ont aucune idée des capacités de leurs enfants à cet égard.
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  • 54,8% des parents considèrent qu’ils peuvent considérablement aider leurs enfants dans leurs usages d’Internet. 67,2% des parents ont parlé à leurs enfants des dangers de la navigation en ligne, deux tiers déclarent vérifier les sites qu’ils fréquentent. 1,6% des parents interdisent à leurs enfants âgés de 8 à 15 ans l’accès à internet, et 6,1% ne font aucune prévention et ne parlent pas à leurs enfants d’Internet.
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  • Les parents surestiment apparemment la prudence de leurs enfants sur les réseaux sociaux : ils ignorent souvent que la plupart d’entre eux utilisent leur vrai nom et dévoile des informations personnelles tel que leur numéro de téléphone ou leur adresse.
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  • 15,7% des jeunes pensent qu’il n’y pas de danger à rencontrer dans la vie réelle quelqu’un connu par Internet, seuls 3,3% des parents partagent cette opinion.
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  • 8% des parents seulement pensent que le Web est un endroit sûr pour leurs enfants, contre plus d’un quart des jeunes (26,3%).
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  • Les parents sous-estiment généralement la variété des activités entreprises par leurs enfants sur Internet : au-delà des recherches à but scolaire et des jeux en ligne, il y a aussi les très nombreux réseaux sociaux (et pas seulement Facebook), le chat, les mails, les achats et paris en ligne, le téléchargement de musique et de films, le visionnage de vidéos, le blogging, le partage de photos et de musique, la participation à des forums, etc.

L’enjeu de la parentalité numérique ici soulevé est donc de remédier au manque de connaissance des parents sur les pratiques réelles de leurs enfants sur Internet afin de pouvoir mieux les accompagner.

 

 

L’étude complète (en anglais) est disponible ici.

Les tableaux et figures en annexe de l’étude sont disponible ici.

Une synthèse de l’étude en anglais comportant des graphiques est disponible ici.

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Modifié le 02/09/2015