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Six CNIL européennes enclenchent une action répressive contre Google

Ce mardi 2 avril, les autorités de protection des données de six pays européens, dont la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), ont décidé de mener des actions contre Google, qui n’a pas répondu à la demande de l’ensemble des 27 autorités de protection des données européennes datant d’Octobre 2012 de se mettre en conformité ses règles de confidentialité au regard de la législation européenne « Informatique et libertés ». en matière de protection des données.

Le débat fait suite à des mois d’analyses et d’échanges tendus avec la société américaine. Le géant américain a en effet mis en place en mars 2012 une nouvelle politique de confidentialité unifiée entre ses différents services ( Gmail, Google+, voire youtube) qui permet de corréler les données issues de ces services. Les CNIL européennes craignant une perte de la maitrise par les internautes de leurs données personnelles, réclament plus de transparence sur la collecte de ces informations et sa finalité, et en particulier en ce qui concerne le croisement de données.

Aujourd’hui les autorités reprochent très concrètement à Google de n’avoir pris aucune mesure concrète suite à leurs demandes. De son côté, Google maintient que sa politique de confidentialité "respecte la loi européenne et [lui] permet d'offrir des services plus simples et plus efficaces".
Suite à cette annonce, c’est désormais à chaque autorité nationale de poursuivre ses actions au regard de son droit nationale. Pour sa part, la CNIL a notifié à Google sa décision "d'ouvrir une procédure de contrôle, ainsi qu'une procédure de coopération administrative internationale avec ses homologues du groupe de travail".

Le débat en cours ne concerne pas que Google. La question des croisements des données intéresse au plus haut point les entreprises dont le modèle économique repose en grande partie sur la constitution de bases de données les plus conséquentes et qualifiées possibles, notamment pour la mise en place de services personnalisés. Elle inquiète tout autant les citoyens désireux de préserver leur anonymat et de se protéger des actions publicitaires et marketing de plus en plus ciblées découlant de la création de ces bases de données. Un exemple ? Certaines entreprises utilisent déjà le croisement de données pour adapter selon les habitudes de navigation de l’internaute, son lieu de résidence, ou encore la distance de son domicile au magasin le plus proche le prix des leurs produits. C’est ce qu’on appelle le « prix algorithmique »