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Quand Google dénonce les pédophiles

Grâce à l'analyse des contenus de son service de messagerie Gmail, Google a découvert et dénoncé un américain qui échangeait des photographies pédopornographiques. Une démarche louable mais est-elle légale ?

Google reconnait travailler régulièrement avec la police et utiliser une technologie permettant d'identifier les images pédopornographiques. Si la démarche a permis ici d'arrêter un récidiviste déja coupable d'agression sexuelle sur mineurs, elle rappelle que tous les emails échangés sur le service sont automatiquement scannés. Une pratique contestable mais dont Google ne se cache pas : 
"Nos systèmes automatisés analysent vos contenus (y compris les e-mails) afin de vous proposer des fonctionnalités pertinentes sur les produits, telles que des résultats de recherche personnalisés, des publicités sur mesure et la détection des spams et des logiciels malveillants. Cette analyse a lieu lors de l'envoi, de la réception et du stockage des contenus", explique Google dans ses conditions d'utilisation.

 Une pratique assumée donc, mais qui interpelle sur le respect de la vie privée. Elle violerait même la loi française qui précise dans l'article L241-1 du Code de la sécurité intérieure
"Le secret des correspondances émises par la voie des communications électroniques est garanti par la loi. Il ne peut être porté atteinte à ce secret que par l'autorité publique, dans les seuls cas de nécessité d'intérêt public prévus par la loi et dans les limites fixées par celle-ci."

Google s'en défend et son directeur juridique David Drummond justifiait en juin 2013 dans une tribune du Telegraph le bien fondé de sa démarche pour lutter contre la pornographie infantile : « Google rend l'accès à l'information disponible partout, et nous avons toujours supporté la liberté d'expression. Mais il n'y a pas de liberté de parole quand on en vient à des images d'abus sur mineurs. Malheureusement, la société n'a pas été capable d'arrêter leur création. Mais nous devons travailler tous ensemble pour nous assurer qu'elles ne soient plus disponibles en ligne et que les gens qui partagent ce contenu répugnant soient signalés et poursuivis en justice. »