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Qu’est ce que Facebook sait de vous ?

L’AFFAIRE MAX SCHREMS

Tout commence en juillet dernier lorsqu’un étudiant autrichien, Max Schrems, décide de se procurer l’ensemble de ses données personnelles que Facebook dispose à son sujet en appliquant la directive 95/46/CE relative à la protection et la libre circulation des données personnelles. L’étudiant reçoit un CD-Rom contenant plus de 1222 pages et constate que le réseau social a soigneusement archivé toutes les informations concernant ses activités Facebook depuis son inscription, ainsi que toutes celles supprimées depuis des années : anciens pseudonymes, messages privés, demandes d’amis refusées ou enlevées. L’affaire Max Schrems a permis de mettre en exergue nombre d’anomalies concernant Facebook : la conservation des données supprimées par l’internaute, la divulgation des données personnelles par le biais des profils « amis », les « paramètres par défaut » qui permettent la visibilité des informations personnelles sans restriction de la part de l’internaute ou encore la reconnaissance faciale et les « tags » sur les photos.

FACEBOOK, DONNEES PERSONNELLES, ARCHIVAGE

Ci-dessous, l’étudiant, sur la base du CD reçu a fait quelques découvertes surprenantes concernant les données personnelles des internautes stockées par le serveur Facebook :

Facebook emmagasine les données, sans jamais n’en effacer aucune. Le bouton « Supprimer » n’a qu’une fonction cosmétique : il permet de masquer les informations aux yeux de l’internaute, mais elles restent gravées sur les serveurs de Facebook.

- Messages. Les messages, y compris ceux du chat, restent enregistrés par Facebook, même si l'utilisateur les a effacés. Cela signifie qu'aucune communication "directe" qui s'est tenue sur Facebook ne peut être effacée. Idem pour les statuts, les pokes et les tags de photos : ils sont indélébiles sur les serveurs.

- Reconnaissance faciale. Même si l’internaute retire le « tag » pour ne pas être associé à l’image, celui-ci devient simplement invisible sur le site. Facebook garde la trace du lien entre la personne et la photographie.

- Traçage des internautes. Facebook possède une liste complète des ordinateurs qu’une personne a utilisé pour aller sur le réseau, et une liste de toutes les personnes ayant utilisé un même ordinateur pour aller sur Facebook. Ainsi, Facebook sait qui fréquente qui, au travail ou à domicile, y compris parmi les personnes n’étant pas « amies » sur le réseau social.

- « Checkins ». Facebook liste toutes les connections d’un internaute à Facebook depuis son inscription. Chaque checkin est associé à un numéro unique, une date, une heure, une longitude et une latitude.

- Synchronisation. Facebook recueille des données personnelles d'autres utilisateurs via la synchronisation avec un smartphone ou la fonctionnalité de recherche d'amis à partir des contacts d'une boite mail. Même les non -adhérents au réseau sont concernés : barre de recherche, synchronisation du mobile ou du carnet d’adresses… tout cela permet à Facebook de conserver ces informations et envoyer, par la suite, des e-mails personnalisés aux internautes non-inscrits.

EST-CE LEGAL ?

Là est le débat .

En ce qui concerne cette problématique de l’archivage, Facebook se défend derrière la législation américaine qui autorise de telles pratiques. Or, pour des raisons sans doute financières, Facebook a installé son siège en Ireland. Légalement, tous les utilisateurs de Facebook vivant en dehors des États-Unis et du Canada sont donc liés par contrat à Facebook Irlande ». Hors Amérique du Nord, Facebook dépend-il donc des lois européennes sur la vie privée ?

Affaire à suivre.

=(

Et notre vie privée ?! Elle est où là-dedans ! ILLEGAL !