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Happy 20th birthday, World Wide Web!

Le tout premier site Internet a 20 ans !

Le 30 avril 1993, le CERN (l'Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire ) offrait un logiciel innovant au monde entier: le World Wide Web. C'était il y a vingt ans. WWW - un nom choisi par Tim Berners-Lee et son équipe pour définir ce système de "gestion décentralisée de l'information". L'idée de base était simple :  il ne s'agissait de rien d'autre que de pages numériques avec du texte et des liens hypertexte qui permettaient de naviguer d'un endroit à l'autre. Pour fêter l'anniversaire du nom du domaine, le CERN a ramené à la vie le premier ancêtre des sites internet. (voir le tout premier site web ICI )

Le World Wide Web est né concrètement en 1989, mais il n'existait alors que quelques sites web en réseau destinés aux scientifiques les plus pointus. Le grand public le découvrira il y a tout juste vingt ans et il faudra attendre la fin de l'année 1993 pour que le World Wide Web fasse chavirer le monde avec l'arrivée d'un navigateur américain - MOSAIC - accessible à presque tous les ordinateurs. Le nombre de pages internet est passé de 130 en 1993 à plus de 14 milliards aujourd'hui.

 

 

 

Rapidement après avoir conçu le World Wide Web, Tim Berners-Lee organise la première World Wide Web Conference en 1994 afin de présenter le web au public. C'est lui qui convainc le CERN de mettre le World Wide Web et ses protocoles dans le domaine public. Concrètement, tant que les standards de base sont respectés (URL, HTML, HTTP), tout le monde peut publier quelque chose sur le web, sans autorisation et quelque soit son ordinateur, ses applications, sa langue, son type de connexion. Selon Tim Berners-Lee et de nombreux spécialistes, ce sont ces principes qui ont assuré l'essor fulgurant du web en permettant une innovation permanente et effrénée.

Pourtant, 20 ans après, « le web comme nous le connaissons, est menacé de plusieurs manières » prévient Tim Berners-Lee.

Le web est libéré de droits d'auteur mais la guerre pour les droits des contenus fait rage. On pense surtout au téléchargement illégal mais sur le web, les exemples sont multiples, à tel point que l'on pourrait croire "la propriété intellectuelle devenue folle.

Exemple de cette ambivalence : Content ID et Youtube.
Content ID est un robot qui scanne Youtube à la recherche de « tout ou partie du contenu appartenant aux titulaires des droits et de choisir à l'avance ce qui doit se passer [ensuite] ». Le propriétaire peut bloquer ce contenu, garder les revenus de la vidéo ou simplement obtenir des statistiques. La GEMA (équivalent allemand de la Sacem) bloque de nombreuses vidéos sur Youtube pour protéger ses auteurs. Aussi, lorsqu'une météorite traverse le ciel russe en février dernier, une vidéo amateur, filmant la scène depuis l'intérieur d'une voiture, est bloquée en Allemagne car une chanson protégée par la GEMA était en train de passer... sur l'autoradio !

 

 

Peut-on tout écrire sur Internet tel que le souhaitait Tim Berners-Lee lorsqu'il disait que « le web devrait être comme une feuille de papier blanc : prête pour que l'on écrive dessus, sans contrôle sur ce qui sera écrit» ?

L'internaute laisse de plus en plus de traces de ses données en ligne. Sur les réseaux sociaux, les sites d'e-commerce, les sites de services publics etc. De plus, celui-ci est plus ou moins bien informé (voire pas du tout) sur ce qui est fait de ses données. Pendant ce temps, Facebook revend les informations privées de ses utilisateurs pour afficher des publicités personnalisées; Microsoft accuse Google de le faire avec les développeurs d'applications vendues sur l'App Store etc..

Le problème est que les données sont centralisées par des sites isolés les uns des autres. Certes, les sites sont sur le web, mais pas les données, rappelle Tim Berners-Lee. Elles sont détenues par le site et il peut interdire à l'utilisateur de les récupérer pour les supprimer, les télécharger ou en faire ce que bon lui semble.


Dans une interview à euronews, Jérémie Zimmermann, le porte-parole et co-fondateur de La Quadrature du Net, une organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet explique : « le web est une étape dans l'histoire d'internet qui a permis une formidable démocratisation des technologies numériques. Mais il portait en soi le germe de la centralisation qui a donné lieu aux Google, Youtube, Facebook qui sont aujourd'hui presque contraires à l'esprit originel d'internet qui permettait à chacun d'être un acteur pouvant lire et écrire à la fois. »

 

La guerre législative

Mal informés, les citoyens essaient tout de même de rester vigilants. La Cnil (Commission Nationale de l'Informatique et des libertés), chargée de faire respecter la loi du même nom, a de plus en plus été saisie par les internautes. Elle a enregistré un nombre record de plaintes en 2012, notamment sur le respect des données personnelles et la vie privée. Et plus de 7195 signalements reçus en 2012 par la hotline Point de Contact.

"Nous avons tous une responsabilité collective sur internet qui est une sorte de bien commun que nous possédons tous ensemble virtuellement. Apprendre ce que veut dire internet, apprendre ce que veut dire la décentralisation des communications, apprendre ce que veut dire la participation universelle est vraiment quelque chose de très important." - Jérémie Zimmermann