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Education responsable au numérique. Que dit le rapport PISA 2015 ?

En se basant sur son enquête de 2012, le Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique a publié son  rapport étudiant le lien entre présence et utilisations des nouvelles technologies à l’école et performance des élèves.

 

 

Apprentissages et TIC, un rapport mitigé

 

  • Plus de numérique ne signifie pas forcément plus de performances

Comme évoqué dans notre article, l’étude TALLIS de l’OCDE de juillet dernier avait mis en avant des exemples de pays peu connectés comme la Finlande, dont les élèves obtiennent pourtant d’excellents résultats scolaires.

Le rapport PISA continue à aller à l’encontre de l’idée reçue selon laquelle le numérique pourrait être la solution à tous les problèmes du système scolaire français : en effet, les pays de l’OCDE dont les élèves obtiennent les meilleurs résultats en compréhension de l’écrit électronique sont ceux qui utilisent le moins les ordinateurs en cours. C’est le cas du Japon et de la Corée par exemple.

Les écoliers français eux-mêmes, avec leur taux d’utilisation quotidienne du numérique inférieure à celle des autres pays de l’OCDE (mais dont on ne connait pas les détails d’équipement en TIC dans les écoles, puisque la France n’a pas rempli une partie du questionnaire), ont un score aux évaluations informatisées supérieur au score moyen en OCDE.

 

  • La mesure des apports du numérique à l’éducation reste difficile à effectuer

PISA met en garde  sur le fait qu’il est très difficile de  mesurer l’impact de la technologie sur l’éducation. En cause ? La possible surestimation des compétences numériques des élèves et des enseignants, la qualité des stratégies pédagogiques mises en œuvre, le manque de ressources logicielles et didactitielles de qualité. Bref, les chiffres et indicateurs dont nous disposons ne sont pas forcément fiables.

 

  • Formation et ressources

Le rapport confirme que les nouvelles technologies ne sont pas le remède miracle dans le cas de problèmes dans les performances scolaires, et que le numérique n’améliore les résultats des élèves que s’il fait l’objet d’un accompagnement adapté : les questions de la formation des enseignants, des ressources, des conditions et des méthodes d’enseignement sont au cœur du sujet.

 

 

Education responsable et prévention nécessaires

En matière d’éducation responsable et citoyenne, le rapport n’apporte guère de nouveauté mais confirme un certains nombres de points.

Tout en défendant très clairement l’usage des TIC à l’école, le rapport alerte sur le fait que « les enseignants, les parents et les élèves doivent être mis en garde contre les aspects potentiellement nuisibles de l’utilisation d’Internet. Parmi ceux-ci : le plagiat, les atteintes à la vie privée, le harcèlement en ligne et les excès de temps passé en ligne. D’où le  nécessaire travail de sensibilisation sur les risques potentiels de l’utilisation d’Internet à l’école, face à ces nouveaux « apprenants connectés ».

La question du manque de sommeil engendré par trop de temps écran est particulièrement développée dans la synthèse de l’étude. En guise d’illustration, les données de l’enquête montrent que les jeunes de plus de 15 ans passant plus de six heures sur Internet sont particulièrement susceptibles d’avoir des comportements problématiques à l’école (retards, absentéisme)

 

 

Pour aller plus loin :

Vous pouvez lire une synthèse des résultats et des graphiques en français.

Le rapport complet (en anglais) est disponible ICI

Un autre article sur le sujet, par Le café pédagogique